Les Blanche-Neige et "Le sourire de Mona Lisa"

 

Quand j’ai vu qu’il repassait à la télévision, je me suis empressée d’enregistrer le film « Le sourire de Mona Lisa », pour pouvoir le revoir lorsque j’aurais du temps.
C’est chose faite, aujourd’hui, et j’ai été une fois de plus enchantée par le personnage de Katherine Watson, campé par Julia Roberts.
L’histoire se passe en 1953.
Katherine, professeur d’Histoire de l’Art, intègre une prestigieuse école pour filles.
Elle va y enseigner son savoir à des jeunes femmes intelligentes, brillantes, qui n’ont qu’une seule ambition: se marier et devenir mères au foyer.
Ce qui, pour Katherine, est une hérésie.
Libre d’esprit, elle ne voit pas l’avenir des femmes de cette façon, dénonce le gâchis que cela implique et donne un tout autre exemple d’existence.

J’aime énormément ce film.
Il pointe un sujet qui m’horripile depuis toujours.
Les années 50… années charnières où les femmes étaient toujours dévouées corps et âme à leur mari et leur famille, et devaient se battre pour pouvoir exister autrement.
La génération de ma mère, qui a vu sa vie se briser à la mort de son époux lorsqu’elle a réalisé qu’elle ne savait pas exister par elle-même, qu’elle n’avait jamais travaillé et n’avait pas de vie sociale en dehors de lui.
Cet exemple m’a révoltée jusqu’au plus profond de moi.
Aujourd’hui, alors que des générations de femmes se sont battues pour que la situation évolue et que le monde du travail soit ouvert autant aux femmes qu’aux hommes, je reste totalement allergique à celles que j’appelle « Les Blanche-Neige ».
Ne vous y trompez pas: celles qui choisissent de rester au foyer pour élever leurs enfants et qui reprennent leur activité ensuite, celles qui souffrent dans leur santé ou  qui sont victime du chômage ont toute ma considération.
Tout comme celles qui consacrent leur vie à des causes bénévoles, profitant du temps qu’elles ont à offrir pour se consacrer aux autres. 
Mais j’ai une allergie féroce pour les Blanche-Neige, qui n’ont plus d’enfants à élever, ne travaillent pas pour autant et consacrent leur vie à… rien.

C’est renier le combat de toutes celles qui ont ouvert la voie pour que les femmes soient respectées et qu’elles accèdent à leur autonomie, qu’elles utilisent leurs capacités intellectuelles.
C’est faire injure à toutes celles qui doivent assumer des professions qu’elles n’aiment pas, simplement parce qu’il faut bien vivre, ou survivre.

Le Sourire de Mona Lisa exprime tout cela, en douceur.
C’est un film essentiel.

Martine Bernier 

 

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18358922&cfilm=40141.html#

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