L’incarnation de la poésie féminine…

Ono no Komachi, par Suzuki Harunobu (u. 1762)

Elle était considérée comme étant la plus belle femme du monde, très courtisée, et l’on disait d’elle qu’elle était la femme poète par excellence…
Et pourtant, en dehors des écrits qu’elle a laissés, on sait peu de choses de Ono no Komachi, si ce n’est qu’elle a vécu au Japon environ de 834 à 900.
Les uns disent qu’elle était de petite noblesse, d’autres expliquent qu’elle était suivante de l’empereur Nimmyõ, d’autres enfin qu’elle a perdu sa beauté à la mort de son enfant.
La tradition japonaise la représente dans la splendeur de sa jeunesse, mais aussi dans la déchéance physique du grand âge, alors qu’elle regrettait la suffisance dont elle avait fait preuve par le passé.
Impossible de faire la part entre la réalité et la légende, mais une chose est sûre: elle était passionnée et a connu une vie amoureuse intense, comme le révèlent les très nombreux poèmes d’amour qu’elle a écrits.
Parallèlement, elle avait une vie spirituelle très riche, et a livré sa vision bouddhiste à travers une abondance de textes.


L’expérience de sa vie personnelle l’a poussée à mettre en avant l’impermanence de l’être.
Aujourd’hui, son nom résonne, notamment dans la pièce majeure du théâtre nõ, Komachi à Kidera, écrite 500 ans après sa mort, et mettant en scène une version des dernières années de sa vie.
À travers les siècles, son histoire a été nourrie par de multiples légendes.
Experte dans l’art du Tanka, l’ancêtre du Haïku, petit poème de trois vers à peine.
Son style est élégant et délicat…
Écrits il y a des centaines d’années sans une culture et un contexte différents, ces mots arrivent encore à nous toucher…


Tryptique de Nobukazu (1874 – 1944)

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