Emissions toxiques…

Accrochez-vous: ceci est un pur « coup de grogne ».
Depuis pas mal de temps, certaines émissions de divertissement rencontrent un grand succès en France et ailleurs.
Elles ont le plus souvent des noms qui me rendent chèvre.
Parmi elles, Les Traîtres ou bientôtLes Tricheurs.
Si je ne les regarde pas, je n’échappe pas aux bandes de lancement… hélas.
Leur principe repose sur la manipulation, le mensonge assumé, la dissimulation, la stratégie contre les autres.
Un concept simple, brutal et paraît-il très efficace…
Est-ce que je suis la seule à ressentir un malaise profond face à ce type de programmes, qui transforment des comportements toxiques en spectacle valorisé?!
Ils présentent la ruse, la trahison et la tromperie comme des qualités pour gagner, réussir, exister.
Les enfants et les adolescents qui, paraît-il, suivent largement ces émissions, construisent encore leur rapport au monde.
Lorsqu’un programme montre que mentir est une stratégie intelligente, que manipuler permet d’aller plus loin, que tromper les autres est une preuve d’habileté, cela installe une vision plus que discutable des relations humaines.
Peu à peu, ces émissions banalisent l’idée que les relations reposent sur le rapport de force, la domination et la dissimulation.
La coopération devient optionnelle, l’honnêteté passe pour de la naïveté et la confiance pour une erreur de débutant.
Ce glissement me pétrifie.
La société traverse déjà une crise massive.
Dans ce contexte, proposer comme divertissement des scénarios fondés sur la trahison ressemble moins à une innocente distraction qu’à un choix de société… et c’est ce qui me choque.
Faut-il rappeler que le personnage qui est actuellement à la tête des Etats-Unis est issu de la télé-réalité?
On ne peut pas dire qu’ils n’étaient pas prévenus…
Il existe pourtant mille façons de créer du suspense, de l’émotion et de l’intérêt.
D’autres formats peuvent valoriser l’entraide, la créativité, l’intelligence collective, le dépassement de soi, sans passer par l’humiliation ou la tromperie.
Notez que je n’aspire pas à une télévision moralisatrice, mais simplement consciente de son impact.
Chaque concept transmet des valeurs, même lorsqu’il prétend n’être qu’un jeu.
Affirmer que ces émissions sont “juste du divertissement” revient à oublier la puissance des images et des récits dans la construction des imaginaires.
Le divertissement n’est pas neutre.
Il façonne des idées, des comportements.
C’est précisément pour cette raison que leur diffusion devrait être davantage réfléchie… avec un soupçon de sens critique.

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