Chaque matin c’est la même chose.
Lorsque j’arrive au rez-de-chaussée après avoir procédé à ma toilette matinale, Kali m’accueille avec des petits aboiements modulés et me guide jusqu’à la cuisine où mon Capitaine m’attend.
Elle me prend pour un membre de son troupeau et m’escorte avec Babou jusqu’à ce que je sois dans la case qu’elle m’a destinée.
Samedi matin, je ne suis pas allée en droite ligne vers la cuisine: j’ai effectué trois escales pour poser des objets dans mon bureau, dans la salle d’eau du bas et dans la petite poubelle de l’entrée.
Sacrilège: elle m’a houspillée gentiment jusqu’à ce que je consente terminer mon périple et à m’asseoir à table.
Elle ne crie pas: elle parle, distillant ses ordres avec beaucoup de clarté.
Une fois installée, j’ai dit à mon Capitaine:
– Tu continues à faire son éducation derrière mon dos? Elle suit visiblement une formation d’officier en second!
Il a gloussé de rire, manifestement satisfait de sa recrue, et j’ai continué:
– Elle n’a pas bien compris qu’un officier dans la maison me suffit… d’autant que ce que tu as commencé à comprendre en ce qui me concerne, elle ne semble pas encore l’avoir intégré.
Sous-entendu: on n’essaie pas de me faire obéir… ce qui a à nouveau fait sourire ma chère Moitié.
Puis j’ai poursuivi en parlant à Kali qui, assise à côté de moi, me regardait, sérieuse comme un pape:
– Donc, désormais, j’ai un Capitaine et… un Kalitaine… je suis servie!