La dernière phrase…

Lundi, 11 heures du matin.
J’écris la dernière phrase de mon livre.
Je relis.
C’est fait…. je n’en reviens pas, j’ai terminé ce bouquin qui m’a pris une année de ma vie.
Ce moment de « la dernière phrase » me touche toujours profondément.
Et plus encore lorsqu’il s’agit d’une biographie.
Pendant des mois, j’ai vécu avec un homme qui a réellement existé.
Un homme qui a accompli de grandes choses.
J’ai toujours ce sentiment étrange de quelqu’un qui lit par-dessus mon épaule, quand j’écris ce genre d’ouvrage…
J’ai consulté les archives, lu ses livres, cherché les traces qu’il a laissées.
J’ai tenté de comprendre ses choix, ses élans, ses épreuves.
Chaque jour, je me suis plongée dans sa vie, soignant chaque chapitre pour ne jamais le trahir.
Au fil des mois, il est devenu une présence quotidienne.
Je travaillais avec lui, je pensais à lui… alors que je n’ai même pas un portrait de lui.
Il m’accompagnait dans mes recherches, dans mes doutes, dans mes découvertes.
Terminer la dernière phrase provoque toujours un sentiment étrange, une forme de séparation.
Je sais que je vais quitter cette immersion constante, même si le travail continue.
Car un livre n’est pas terminé lorsqu’on écrit le mot final.
Il faut encore le relire plusieurs fois, corriger, mettre en page, choisir une couverture, échanger avec l’imprimeur.
Il reste beaucoup à faire.
Ensuite viendra la sortie.
Je crois que, cette fois, je ferai peut-être une petite fête pour l’occasion.
Je parlerai de lui, de cet homme étonnant, de ce parcours hors du commun, de cette vie que j’ai eu le privilège d’explorer pendant un an.
Un livre très spécial pour moi s’achève aujourd’hui.
Et dans quelque temps, il commencera une autre vie.
Quant à moi, j’ai l’impression d’avoir presque rendu un peu de son existence à un homme méconnu, voire oublié.

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