Certaines voix, certains visages accompagnent nos vies durant des années entière, sans jamais perdre leur justesse.
Alain Duhamel fait partie de ceux-là.
Pour moi, il reste une référence en matière de journalisme.
D’autres journalistes m’impressionnent et je les écoute avec intérêt, mais lui occupe une place particulière.
Sa carrière est exemplaire par sa longévité, par sa constance, par cette capacité rare à rester exigeant sans jamais céder à la facilité.
Depuis les années soixante, il a observé, analysé, questionné la vie politique française avec une rigueur élégante.
Ses interviews sont marquantes.
Il pose des questions précises, parfois fermes, toujours directes mais sans agressivité.
La courtoisie n’est pas chez lui une stratégie, mais une manière d’être.
Cette élégance donne d’autant plus de force à ses échanges.
Ce qui me frappe le plus reste la clarté de son esprit analytique.
En quelques phrases, il parvient à résumer une situation complexe, à replacer un événement dans son contexte historique, à rappeler les équilibres politiques en jeu.
Sa connaissance du monde politique est impressionnante.
Il ne se contente pas de commenter l’actualité, il la relie à ce qui l’a précédée.
Il explique les continuités, les ruptures, les stratégies et aide à comprendre…
Dans un paysage médiatique souvent dominé par la vitesse et l’émotion, il incarne la patience, la réflexion et la mesure.
Son travail montre qu’il est possible d’être exigeant sans être cassant, engagé dans l’analyse sans être partisan, présent dans le débat sans chercher à occuper toute la place.
Cette manière de faire du journalisme me touche profondément.
Elle rappelle que ce métier repose d’abord sur l’écoute, la culture, la précision et le respect des faits.
Alain Duhamel a traversé les époques politiques, les alternances, les crises, sans jamais perdre cette ligne de conduite.
Dès qu’il apparaît dans une émission où il est invité pour apporter son éclairage, j’arrête ce que je fais et… je savoure.