Je réalise qu’en prenant de l’âge, mes goûts se sont modifiés.
Les couleurs, par exemple.
J’ai porté du noir pendant des années.
Jusqu’au jour où mon amie, la Dame de Chiboz, m’a conseillé de me « lâcher ».
Il ne fallait plus écouter ceux qui me disaient de me cacher dans mon armure noire, et partir vers des couleurs qui me séduisaient.
J’ai suivi son conseil.
Peu à peu, j’ai introduit dans ma garde-robe du gris-perle, du bleu, du rose, des touches de rouge, des ocres et parfois même des tissus multicolores.
Dès que j’ai commencé à le faire, j’ai eu en retour des réactions enthousiastes, me disant que ces couleurs joyeuses correspondaient nettement mieux à mon caractère que le noir…
Au fil du temps, ce dernier n’a plus régné en maître mais est devenu une couleur comme une autre.
Même la couleur de mes cheveux a quitté les gammes sombres!
Autre exemple: les saisons.
Jeune femme, j’ai adoré l’hiver.
Il faut dire que cette saison, en montagne où je vivais alors, était belle avec ses paysages enneigés, ses sapins…
Pratiquement, c’était un peu différent puisque, avec mon sens de l’équilibre légendaire, je crois avoir longtemps détenu le record mondial des chutes ridicules!
Aujourd’hui, l’hiver me plaît… jusqu’à ce qu’il commence réellement.
Je m’explique.
Ce que j’aime, c’est l’automne, et le tout début de l’hiver jusqu’au Nouvel-An.
Après des étés souvent trop chauds, cela permet de retrouver les délices d’une fraîcheur bienvenue.
Dès le 1e janvier… c’est trop long.
La grisaille me pèse, et ces mois porteurs de microbes et de virus en tout genre me lassent.
D’autant que je suis très impatiente de voir apparaître LA saison que j’aime le plus: le printemps.
Dans mon esprit, printemps = fleurs et lumière.
Bon… ce n’est pas un scoop, j’en parle chaque année.
Et je sais que nous sommes légions à partager les mêmes goûts!
Donc, il faut composer pour patienter encore quelques semaines.
Pour cela, chaque matin, je vais regarder les boutons de mon camélia rose.
Ils m’inquiètent un peu, cette année: ils sont nombreux, tout près d’éclore, mais je les trouve un peu abîmés par l’humidité.
Je verrai bien… et quoi qu’il arrive à nous offrir, il restera le prince hivernal du jardin…
Et ce goût-là ne changera pas…