
Le livre « Et la joie de vivre » de Gisèle Pelicot m’a marquée…
J’avais déjà été très touchée par les interviews qu’elle a données, par sa manière de parler, par la dignité avec laquelle elle s’exprime.
Sa retenue, son élégance dans les mots comme dans l’attitude… le livre prolonge exactement cette impression.
J’y ai retrouvé la même pudeur, la même volonté de rester debout malgré ce qui lui est arrivé.
Gisèle Pelicot raconte l’épreuve qu’elle a traversée lorsque la vérité a éclaté sur les actes commis contre elle pendant des années par son mari, qui la droguait et organisait des viols dont elle ignorait tout.
Le choc est immense lorsqu’elle découvre ce qui s’est réellement passé.
Le livre évoque ce moment où une vie bascule, lorsqu’elle comprend que la personne avec qui elle a partagé son existence l’a trahie de la manière la plus grave qui soit.
Mais le livre ne s’attarde pas seulement sur les faits.
Il raconte aussi son passé et… ce qui se passe après.
Comment continuer à vivre quand une telle réalité apparaît?
Comment affronter la honte, la sidération, la violence de la découverte et retrouver une forme de stabilité intérieure? Aidée par la journaliste Judith Perrignon, Gisèle Pelicot décrit ce chemin avec beaucoup de simplicité.
Elle parle de la stupeur, du chagrin, de la colère, mais aussi de la nécessité de ne pas se laisser écraser par ce qui est arrivé.
Ce qui impressionne beaucoup dans ces pages, c’est sa manière de ne jamais se laisser définir uniquement par ce qu’elle a subi.
Cette femme forte et courageuse refuse de rester enfermée dans la position de victime.
Elle parle de la reconstruction, du soutien de ses proches, de la force qu’elle a trouvée pour avancer.
Il n’y a pas d’emphase dans son récit.
Tout est dit avec une grande sobriété qui rend le texte encore plus fort.
Devenue un véritable symbole, Gisèle Pelicot parle aussi des raisons pour lesquelles elle a voulu rendre l’affaire publique, sans se cacher.
Pour elle, il ne s’agissait pas seulement de sa propre histoire, mais aussi de faire entendre la réalité des violences faites aux femmes et de refuser que la honte pèse sur celles qui les subissent.
À travers ses mots, une idée revient souvent: la vie ne doit pas être confisquée par ceux qui détruisent.
Même après une épreuve d’une telle ampleur, elle veut continuer à vivre, à aimer, à regarder l’avenir.
C’est là que le titre de son livre prend tout son sens.
La joie de vivre n’est pas présentée comme une naïveté ou un oubli.
Elle est décrite comme une manière de reprendre sa place dans le monde.
Ce qui me reste après cette lecture, c’est l’image d’une femme d’une grande force intérieure.
Une force qui ne se manifeste ni par la colère ni par la revanche, mais par la dignité.