Dans la journée, mon Capitaine, sans doute occupé à autre chose, a été cassant avec moi sans raison, alors que je travaillais pour lui.
Comme toujours dans ces cas-là, je me suis drapée dans ma dignité offensée et lui ai exprimé ma façon de penser.
La bonne éducation est importante pour moi, et je ne désespère de le lui faire comprendre.
La soirée arrive, sans autre heurt mais… un peu fraîche de mon côté.
Jusqu’au moment où, alors que nous nous étions déjà dit « bonne nuit », il est revenu.
Je l’ai regardé, un peu perplexe.
Il avait un petit sourire craquant et son regard malicieux.
Et il m’a dit:
– Je n’aurais pas dû réagir comme je l’ai fait…
Ciel! Je n’osais pas croire ce que j’entendais!
J’ai donc demandé:
– Mais… tu ne serais pas en train de t’excuser platement, là?
Ses réflexes de grand guerrier sont revenus aussitôt.
A mon avis, il doit être un lointain descendant de Cambronne à qui la légende attribue la fameuse phrase « La garde meurt mais ne se rend pas! »
Il a donc tenté une dernière contre-attaque la-men-ta-ble, sachant que son cas était indéfendable:
– Disons que je dirais que nous n’utilisons pas les mêmes mots, toi et moi.
Le hic, c’est que, de mon côté, je dois aussi avoir eu quelque part un ou une ancêtre au caractère bien trempé!
– Ah non, n’essaie pas de noyer le poisson! Tu me disais que tu as eu tort! Donc, tu me présentes tes plates excuses!
Il a fini par rendre les armes de bonne grâce, en riant.
Il lui arrive sans aucune doute d’être de très mauvaise foi.
Mais il est aussi devenu un démineur très efficace… mais si je ne me trompe pas, l’une de ses spécialités professionnelles était… artificier!
Ca aide!