

Jeudi soir.
Mon Capitaine avait une obligation et c’est donc en tête-à-tête avec Babou et Kali que je me suis préparée à passer la soirée.
Lorsque Pomme était avec nous, ces soirées étaient des délices.
Elle aimait visiblement profiter de ces moments, attendant sans s’impatienter le retour de notre grand homme.
J’en profitais pour lui offrir une séance de soins et de papouilles comme elle les aimait, et le temps passait agréablement.
Avec Kali et Babou, le scénario et sensiblement différent.
Pour elles, le plus souvent, l’absence de notre Capitaine est une épreuve, et il n’est pas rare qu’elles passent la soirée à guetter son retour sans pouvoir se détourner de cette idée fixe.
Ici, pas question de soirée soins: si elles se laissent faire beaucoup plus facilement qu’avant, ce n’est pas encore. un vrai plaisir pour elles.
J’essaye donc de les distraire en me consacrant à des séances de « lancé d’éléphant » que Kali rattrape au vol, me le renvoyant en le faisant atterrir dans le plat de fruit, ou dans des endroits très insolites.
Lorsqu’elle a envie de jouer, ma championne toutes catégories me fixe longuement jusqu’à ce que je craque…
Vous avez déjà essayé de résister au regard d’un chien qui concentre toute la puissance de son regard à vous faire comprendre que si vous ne vous occupez pas de lui dans la seconde, vous êtes un compagnon indigne?
Soupir…
Quant à Baboulette, elle se vautre à côté de moi et entame sa première partie de nuit, dans le meilleur des cas.
Ce soir-là, miracle, elles étaient très calmes, toutes les deux.
Quand elles ont été lassées de ma conversation et de mes jeux, elles se sont étendues et se sont endormies tandis que je suivais distraitement une émission TV tout en partageant une conversation WhatsApp avec Estelle.
C’était une atmosphère paisible, tranquille et je savourais le fait qu’elles semblent s’assagir en grandissant, jusqu’au moment où…
Vers 22 heures, sans le moindre avertissement, Kali a sauté sur ses pattes et a poussé un aboiement strident.
Je savais qu’il n’annonçait pas le retour de mon Capitaine: elle n’aboie pas de la même façon lorsque c’est le cas.
Non, là, c’était un cri d’alerte.
C’était tellement inattendu que j’ai frôlé l’infarctus!
Mais, bien entendu, il n’est pas recommandé de partir en réaction hystérique quand elle fait ce genre de choses… d’autant qu’elle semblait très fière d’avoir rempli sa mission de gardienne du foyer.
Je lui ai simple dit: Kali, non, ce n’est rien.
Et elle a repris sa sieste… restant en veille si j’en crois les petits mouvements que faisaient ses oreilles à intervalles réguliers.
Ceci dit, si je lui avais bien précisé que « ce n’était rien », je n’en étais pas moi-même convaincue.
Je suis donc restée attentive jusqu’au retour de mon Capitaine, endossant moi aussi le rôle discret de chien de garde.
Seule différence entre nous: j’ai le plus grand mal à bouger mes oreilles!
Hé oui… personne n’est parfait.