J’ai toujours voué à mes chiens un amour infini… et j’avoue être très protectrice avec eux.
Je devrais plutôt dire « elles »: je n’ai jamais eu que des femelles, par choix.
Lorsqu’il arrive quelque chose à l’une d’elles, je suis chavirée et je remue ciel et terre pour qu’elle soit remise rapidement sur pattes.
Jeudi dernier, alors que rien ne présageait que quelque chose allait arriver, Kali a été victime de… quelque chose dont nous n’avons pas été témoins.
En temps normal, je fais en sorte que les portes de la véranda ne soient qu’entrouvertes lorsque nous ne sommes pas dans la pièce, afin que Babou et Kali ne puissent pas sortir sans surveillance.
Mais là… mon Capitaine, beaucoup moins regardant que moi, a laissé ces portes grandes ouvertes.
Il n’a fallu que cinq minutes pour que la situation vire au cauchemar.
Kali est arrivée vers moi, au salon, en boitant gravement… et Babou avait disparu.
J’ai couru jusqu’à la véranda où tout était ouvert.
En une fraction de seconde, j’ai compris que Kali s’était blessée dehors… et, ne voyant pas Babou, j’ai eu peur qu’elle soit sortie du jardin en poursuivant un chat.
Mes appels ont alerté mon Capitaine qui, comme le dit l’expression « s’en est pris pour son grade ».
Babou a réapparu dans la maison, et je me suis précipitée vers Kali.
Elle souffrait visiblement beaucoup, haletait et ne posait plus sa patte sur le sol.
Je me suis occupée d’elle et nous avons appelé le cabinet vétérinaire.
Dans un premier temps, la personne qui nous a répondu nous a dit qu’il fallait la garder au repos et nous a donné un rendez-vous pour… lundi.
Je me suis donc mise en mode garde-malade pour ma pauvre Kali.
En fin d’après-midi, elle souffrait tellement que j’ai rappelé.
Une autre personne m’a expliqué qu’il fallait attendre 24 heures après l’accident avant d’intervenir.
J’étais plus que perplexe…
J’ai donc demandé si nous pouvions au moins passer au cabinet pour prendre un calmant qui pourrait apaiser la douleur.
Et la réponse a été que la loi ne permettait de délivrer des médicaments sur ordonnance que si l’on avait ausculté le chien.
J’avoue que cela dépassait mon entendement… j’ai donc expliqué que, bien sûr, la douleur pouvait s’apaiser d’ici le lendemain, mais que, si ce n’était pas le cas, je ne pouvais pas laisser souffrir Kali jusqu’à lundi…
Donc, là, il m’a été proposé de rappeler le lendemain matin à 9 heures pour faire le point et essayer de caler un rendez-vous dans la journée.
J’ai passé la soirée à réconforter mon Mogwaï, à la faire boire en jouant doucement avec l’eau, à détourner son attention.
La nuit est passée…
Comme je le pressentais, je n’ai pratiquement pas fermé l’oeil.
Kali, elle, a bien dormi.
Je l’ai portée pour descendre au rez-de-chaussée.
Son regard et son comportement étaient différents de la veille.
Elle avait retrouvé sa joie de vivre et ne souffrait plus, ou du moins plus autant, même si elle ne posait toujours pas la patte.
J’ai rappelé le cabinet pour prendre conseil.
Ma grande crainte étant que les ligaments croisés se soient rompus.
Si c’est le cas… nous serons dans un pétrin royal.
Notre vétérinaire, qui avait opéré Pomme avec succès, est absent pour plusieurs jours.
Et comme ils sont débordés au cabinet, toujours en recherche de personnel qualifié, il n’opère plus que très rarement.
Conclusion: pour ce genre d’intervention, il faut donc se rendre à Strasbourg ou à Besançon.
Sachant que Kali ne supporte pas la voiture et que ces villes sont très éloignées de notre domicile, c’est une très mauvaise nouvelle.
Autant dire que j’appréhendais le rendez-vous de lundi…