Mardi.
Le jour se lève sur une pensée devenue quasi obsessionnelle: aujourd’hui, c’est le jour du fameux rendez-vous chez le cardiologue.
Mais pourquoi suis-je aussi terrifiée par ces médecins en particulier, me direz-vous?
Pour une raison toute bête: neuf ans après la mort brutale de mon père, j’ai été traumatisée, en 1977, par le décès de René Goscinny, décédé dans le cabinet de son cardiologue alors qu’il se soumettait à un test d’effort.
Vous l’aurez compris: depuis, je n’ai aucune intention de me prêter à ce genre de distraction.
Bref, comme la perspective de cette visite me nouait l’estomac, j’ai décidé qu’il fallait trouver le moyen de penser à autre chose.
Trois jours avant, j’ai expliqué à mon Capitaine que, comme nous fêterons l’anniversaire des seize ans de notre rencontre cet été, il était temps que nous ravivions la flamme pour ne pas risquer de la voir faiblir.
Pour cela, j’ai décrété que, ce mardi… nous nous rencontrerions pour la première fois!
Étonnamment, il a accepté de jouer le jeu, plutôt amusé.
Ce qui ne m’a pas empêchée d’être hypertendue au moment d’arriver à bon port… ce qui, vu les caprices du GPS, tenait du miracle !
Mais en fait… du moment de causette partagé avec un monsieur qui patientait lui aussi, en passant par les examens et par la consultation en elle-même, tout s’est bien passé.
J’ai eu la chance de me trouver face à un cardiologue compétent et doté d’une bonne d’humour, ce qui ne gâtait rien.
De plus… il n’a pas été question de test d’effort!
J’ai quitté son cabinet réconfortée après avoir été congratulée pour l’hygiène de vie mise en place depuis que nous vivons ici.
Visiblement elle porte ses fruits!