La magie de la mercerie…

Depuis l’enfance, j’éprouve pour les boîtes de mercerie une fascination gourmande.
Il suffit que je soulève un couvercle soulève pour qu’un univers semble s’ouvrir devant moi…
Chez ma grand-mère maternelle, ces boîtes rangées dans les armoires exerçaient sur moi une attraction irrésistible. J’y plongeais les mains avec la sensation de fouiller dans un trésor.
Rubans de satin, galons tressés, dentelles anciennes, boutons nacrés, chutes de tissus aux motifs oubliés…
Tout cela me captivait bien davantage que les jouets.
Je sais depuis que cette attirance ne tient pas du hasard.
Les spécialistes de la mémoire sensorielle expliquent que le toucher est l’un des sens les plus puissamment liés aux émotions anciennes.
Les matières, les textures, le grain d’un tissu ou la douceur d’un ruban réveillent des impressions profondément ancrées.
Le textile parle à la main avant même de parler à l’œil, il porte en lui quelque chose d’intime, de charnel.
À cela s’ajoute la puissance de la couleur et du motif.
Un morceau de tissu n’est jamais seulement un morceau de tissu!
Dans mon imagination, il suggère toujours une robe ancienne, un costume de théâtre, un fauteuil de maison bourgeoise, un rideau de chambre d’enfant….
Les galons et passementeries ont cette capacité particulière de transformer un objet ordinaire en objet précieux.
Moralité: fouiller dans une boîte de mercerie, c’est aussi manipuler des fragments d’histoires.
Chaque bouton a pu appartenir à un vêtement disparu, chaque chute de tissu est peut-être le vestige d’une robe cousue pour une occasion particulière.
Pour moi, depuis toujours, ce sont des morceaux d’histoires…
Ces petits objets portent la trace discrète de celles et ceux qui les ont choisis, rangés, conservés.
Ils sont à mes yeux les survivants silencieux d’un quotidien effacé.
Avec les années, cette fascination ne m’a jamais quittée.
J’ai mes propres boîtes désormais.
Je les ouvre souvent sans raison pratique et j’avoue que j’utilise assez peu leur contenu.
Après tout… le plaisir n’est pas seulement dans l’usage, iI peut aussi est dans la contemplation.
J’adore ces moments suspendus où les doigts glissent d’une étoffe à l’autre, où la lumière accroche les couleurs.
Ce sont des éclats de rêve…
Un monde miniature où le moindre ruban me dit qu’un projet, une histoire ou une création pourrait naître un jour…

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