Mars Attacks!

Jusqu’ici, j’avais réussi à passer entre les gouttes: pendant toutes ces années, j’avais survécu sans jamais voir Mars Attacks!.
Une anomalie culturelle, paraît-il, puisqu’il s’agit d’un “film culte”.
Mon Capitaine a donc jugé utile de réparer cette lacune en l’enregistrant.
Nous l’avons regardé.
Et cette expérience m’a confirmé une chose: un film culte peut aussi être un navet.
Que les admirateurs du second degré me pardonnent, mais il faut bien appeler un chat un chat.
D’accord, Mars Attacks! revendique son absurdité.
Oui, le film assume pleinement la parodie, l’exagération, le grotesque, la caricature des vieux films de science-fiction. Mais derrière cette débauche de clins d’œil et de dérision, reste une évidence: le scénario est d’une pauvreté confondante!
Pendant plus d’une heure et demie, nous avons assisté essentiellement à une succession de destructions gratuites, de personnages atomisés par des martiens hystériques et de scènes volontairement absurdes, sans véritable tension dramatique ni construction narrative solide.
L’humanité se fait méthodiquement pulvériser sans pouvoir opposer la moindre résistance, jusqu’à ce qu’une solution miraculeuse surgisse opportunément dans les dernières minutes.
Voilà. Fin de l’histoire.
Le plus étonnant demeure peut-être le contraste entre cette intrigue famélique et le prestige de la distribution.
Le film aligne une véritable armada de stars – Jack Nicholson, Glenn Close, Pierce Brosnan, Danny DeVito, Sarah Jessica Parker, Michael J. Fox, Natalie Portman, entre autres – tous réunis pour participer à ce grand carnaval extraterrestre.
Réalisé en 1996 par Tim Burton (que j’aime beaucoup, soit dit en passant!), Mars Attacks! se voulait une parodie assumée des films de science-fiction américains des années 1950, avec leur esthétique outrancière et leurs invasions martiennes improbables.
Le film est depuis devenu culte auprès d’une partie du public précisément pour son ton déjanté, son humour noir et son absurdité revendiquée.
Mais le statut de film culte ne protège pas d’une évidence parfois dérangeante – l’autodérision ne remplace pas un scénario.
Et dans le cas présent, derrière les soucoupes volantes, les explosions et les “Ack ack ack” des martiens, il reste surtout l’impression d’avoir assisté à un gigantesque délire visuel brillamment casté… et c’est tout.
Les amoureux de science-fiction que nous sommes restent sur leur faim.
Enfin, au moins… nous l’avons vu.

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