Quand un livre se termine…

Ce lundi de Pentecôte avait un parfum de journée estivale…
Des amis devaient venir dîner à la maison.
Pendant que mon Capitaine était déjà en cuisine, je donnais donc un « coup de frais » à la maison avant leur arrivée.
Lorsque tout a été terminé, il me restait un peu de temps devant moi.
Et comme toujours dans ces moments-là, je me suis dirigée vers mon bureau.
Depuis une semaine, je travaille sur le lancement de “L’Explorateur oublié”.
Ce livre m’accompagne depuis si longtemps qu’il est étrange de le voir aujourd’hui partir vivre sa vie…
Mais cette fois, je me suis laissée entraîner par une activité que j’aime presque autant que l’écriture elle-même: la recherche du sujet.
J’ai plusieurs projets et ébauches dans mes tiroirs.
Certains attendent depuis longtemps que je m’y consacre vraiment, d’autres sont déjà largement commencés.
Pourtant, ce matin, j’avais envie de retrouver cette sensation très particulière des débuts, quand tout est encore flou et que je suis devant un choix.
Un nom aperçu dans un document, deux ou trois dates, une anecdote, une première recherche… et peu à peu une silhouette prend forme.
J’aime écrire des biographies historiques.
Lorsque j’ai commencé les investigations sur Charles-Xavier Rochet, je ne savais pas encore que j’allais passer plus d’un an avec lui.
Je cherchais simplement un personnage.
Puis un jour, au détour d’un texte, son nom et quelques détails de sa vie sont apparus et j’ai immédiatement senti que c’était lui.
Aujourd’hui, son histoire sort enfin.
Et comme c’est le cas lorsqu’un livre s’achève, j’ai déjà besoin de repartir vers un autre destin.
Ces personnages qui ont existé prennent une place immense dans mon quotidien.
Leurs voyages, leurs habitudes, leurs inquiétudes, leurs découvertes me deviennent familiers.
Lorsqu’un livre se termine, il me reste toujours une sensation étrange.
Une sorte de manque.
Donc, ce matin, pendant un peu plus d’une heure, j’ai recommencé à partir en exploration.
Et peu à peu, deux profils se sont dessinés, sans certitude pour le moment.
Je ne sais pas encore si l’un d’eux deviendra le sujet d’un prochain livre.
Mais quelque chose s’est mis en marche: nous faisons connaissance.
Je connais assez bien cette sensation désormais pour savoir qu’elle annonce de longues recherches, des notes partout sur le bureau et ce plaisir de partir à la rencontre de quelqu’un qui a vécu dans un autre siècle, dans un autre monde.
Comme quoi, certains livres commencent tout en douceur… un lundi de Pentecôte, entre un dîner entre amis et une heure volée au reste de la journée…

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