
L’idée peut sembler étonnante.
Pour mieux se protéger contre les pirates informatiques, l’État français envisage de faire appel… à des hackers!
Mais des hackers qui, cette fois, travailleraient du bon côté de la barrière…
Cette mesure fait partie du plan annoncé le 18 août par David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, après plusieurs cyberattaques ayant visé la Direction générale des finances publiques.
Parmi les pistes retenues figure le recours à ce que l’on appelle le « bug bounty », une pratique déjà utilisée dans le monde de la cybersécurité.
Derrière ce nom un peu mystérieux se cache donc un principe simple: des spécialistes sont autorisés à rechercher les failles d’un système informatique.
Leur mission consiste à essayer de pénétrer là où ils ne devraient normalement pas pouvoir entrer, exactement comme le ferait un pirate.
Mais au lieu de profiter de la faille découverte, ils la signalent afin qu’elle puisse être corrigée.
En échange, ils peuvent recevoir une récompense financière, dont le montant dépend généralement de l’importance de la vulnérabilité.
A la seconde où j’ai lu cette information, j’ai pensé à un film que j’avais beaucoup aimé, Les Experts, sorti en 1992 avec, notamment, Robert Redford.
Il avait été réalisé par Phil Alden Robinson, qui était aussi l’un des trois scénaristes, avec Lawrence Lasker et Walter Parkes.
Il y incarnait Martin Bishop, un ancien pirate informatique qui avait commencé sa carrière du mauvais côté de la loi. Des années plus tard, sous une nouvelle identité, il dirigeait une équipe de spécialistes engagés par des entreprises pour tester leur sécurité.
Leur travail consistait précisément à tenter de pénétrer dans leurs systèmes afin d’en révéler les points faibles.
Ce que faisait Martin Bishop n’était pas exactement du bug bounty au sens actuel, mais plutôt ce que nous appelons aujourd’hui un test d’intrusion.
La philosophie était pourtant déjà là…
Pour empêcher un pirate d’entrer chez vous, demandez à quelqu’un qui connaît toutes ses méthodes d’essayer d’entrer avant lui.
Cela fait des mois que je me dis que cette idée devrait être creusée par le gouvernement… et je n’ai clairement pas été la seule à y penser!
Le film date de 1992, à une époque où Internet était encore largement inconnu du grand public.
La petite équipe de Robert Redford, qui paraissait alors appartenir à un univers très futuriste, aurait désormais parfaitement sa place dans une entreprise de cybersécurité.
Trente-quatre ans plus tard, l’État français envisage donc d’appliquer un principe assez proche.
Engager ceux qui savent trouver les portes mal fermées avant que les véritables cambrioleurs ne les découvrent.
Robert Redford et son équipe avait quelques décennies d’avance….
Comme c’est souvent le cas dans les scénarios de fiction, celui-ci a été rejoint par la réalité.