Plus Roxane grandit, plus notre relation s’étoffe et s’affine.
Au fil de nos ateliers d’écriture, nous partageons des moments d’émotion, de réflexion, de travail et, comme depuis le début de notre aventure commune, des éclats de rire mémorables.
Samedi, nous en avons eu un qui mérite sa petite place dans les annales!
Comme à son habitude, Roxane me racontait sa semaine.
Une semaine marquée par une épreuve dont elle se serait passée avec plaisir: le traditionnel cross scolaire.
Car si elle pratique deux sports, la course à pied ne fait pas partie de ses passions.
Quant à la course d’endurance, n’en parlons même pas.
Bref, elle avait dû affronter ce fameux cross et, à sa grande satisfaction, elle avait réussi à franchir la ligne d’arrivée… vivante.
Ce qui, à nos yeux, constitue une victoire.
Curieuse, je lui demande à quelle place elle a terminé.
– Quatrième! me répond-elle.
Sidérée, je n’ai pas le temps de la féliciter qu’elle ajoute:
– Enfin quatrième à partir de la fin.
Je commence à glousser, mais ma jeune complice, soucieuse de me donner un classement d’une précision irréprochable, se reprend:
– Non, cinquième si on compte celle qui a abandonné parce qu’elle ne pouvait plus respirer.
Et là, fou rire!
Je l’imaginais franchissant la ligne d’arrivée, au milieu de ses camarades à bout de souffle, avec pour seule ambition de survivre à cette épreuve sportive.
Et plus j’imaginais la scène, plus je riais.
Roxane aussi, ravie de son récit et de l’effet produit.
Il faut dire que sa manière de présenter les choses était irrésistible.
Elle n’avait pas terminé quatrième en partant de la fin, mais cinquième, à condition de comptabiliser les victimes du parcours!
Comme quoi, peu importe le classement.
Elle a réussi son cross qui comptait près de 60 participants, et a tenu jusqu’au bout.
Je ne suis pas sûre que j’aurais été capable de le faire à son âge!