Lorsque je vivais en Suisse, je surveillais chaque année les programmes de télévision pour ne pas manquer le Prix de Lausanne.
J’ai toujours beaucoup aimé la danse classique et ce concours avait pour moi un attrait particulier.
Je pouvais rester des heures devant mon écran à regarder ces très jeunes danseurs exécuter des variations d’une difficulté parfois redoutable, avec une maîtrise qui me laissait admirative.
Je m’intéresse autant à leur technique qu’à leur façon de danser.
Malgré leur talent, ces danseurs sont encore des adolescents…
Leur discipline, leur connaissance de leur corps et le travail énorme qu’ils produisent pour leur art force l’admiration.
Pour le cas où vous ne le connaîtriez pas… créé en 1973, le Prix de Lausanne est devenu l’un des concours internationaux les plus réputés dans le domaine de la danse.
Il accueille chaque année de jeunes danseuses et danseurs âgés de 15 à 18 ans, sélectionnés parmi des centaines de candidats venus du monde entier.
Pour eux, l’enjeu est considérable… les lauréats peuvent obtenir une bourse leur permettant de poursuivre leur formation dans une grande école de danse ou d’effectuer un apprentissage au sein d’une compagnie prestigieuse. Pour certains, cette récompense peut modifier radicalement la suite de leur parcours.
Bien sûr, le Prix de Lausanne ne se résume pas à sa finale.
Pendant plusieurs jours, les candidats suivent des cours, travaillent avec des professeurs et des chorégraphes de renommée internationale, répètent leurs variations classiques et contemporaines.
Le jury les observe aussi pendant ces séances de travail.
Il ne cherche pas uniquement des danseurs capables d’exécuter parfaitement une chorégraphie.
Il s’intéresse à leur musicalité, à leur sens artistique, à leur faculté d’apprendre et, surtout, à leur potentiel.
En clair, les candidats qui ne remportent pas de prix peuvent également attirer l’attention des responsables d’écoles et de compagnies présents à Lausanne.
Et, donc, une rencontre, une audition ou une proposition peuvent ainsi compter autant qu’une récompense.
Ce qui me plaît particulièrement dans ce concours, c’est que derrière quelques minutes de danse se cachent des années d’apprentissage, des milliers d’heures passées à la barre, des exercices recommencés jusqu’à obtenir le mouvement souhaité.
Et lorsqu’ils entrent en scène, tout ce travail doit disparaître pour que le spectateur ne puisse plus voir l’effort, mais la danse.
J’aime aussi cette incertitude qui accompagne chaque prestation.
Une variation peut être techniquement irréprochable et me laisser relativement indifférente, tandis qu’une autre, moins parfaite, me touche immédiatement.
C’est aussi ce qui rend ce concours si intéressant à suivre.
Depuis mon installation en France, j’avais perdu l’habitude de ce rendez-vous.
Récemment, je me suis demandé s’il existait une chaîne accessible depuis la France qui permettrait de retrouver le Prix de Lausanne.
J’ai donc prospecté et j’ai découvert qu’ARTE diffuse le concours sur sa plateforme.
Mieux encore: les différentes étapes sont accessibles en replay!
Il est ainsi possible de regarder les cours, les séances de coaching, les sélections et, bien entendu, la finale.
L’édition 2026, qui s’est achevée le 7 février, est toujours disponible, et la finale représente à elle seule près de trois heures de danse.
J’ai donc retrouvé un plaisir que je croyais perdu.
Si vous aimez la danse classique, je vous recommande vraiment de découvrir ce concours.
Et si vous ne la connaissez pas particulièrement, le Prix de Lausanne constitue une excellente occasion de vous y intéresser.
Vous serez peut-être surpris de découvrir ce dont sont capables ces très jeunes artistes, dont certains danseront un jour sur les scènes les plus prestigieuses du monde et deviendront peut-être des étoiles…