Vous souvenez-vous?
Il y a quelques jours, j’avais consacré un texte à une carte que mon imprimeur avait jointe à l’un de ses envois.
Une carte magnifique, représentant un trompe-l’oeil d’éléphant.
Vendredi, alors que j’étais en communication avec l’imprimeur, j’en ai profité pour le remercier pour cette carte.
Et cela a donné lieu à un dialogue surréaliste:
– Avant que je n’oublie, je voulais vous dire… vous vous souvenez que vous aviez glissé quelques mots sur une carte qui accompagnait votre dernier envoi?
– Oui…
– J’ai lu le mot mais, dans un premier temps, je n’ai pas retourné la carte. Ce n’est que plus tard que je l’ai fait et… j’ai trouvé l’illustration superbe.
– Ah oui!
– J’adore les éléphants, celui-ci était particulièrement beau.
Petit silence à l’autre bout du fil, puis la voix reprend, hésitante:
– L’éléphant?! Mais… non, je vous ai envoyé l’arbre avec les oiseaux!
– Et bien oui, mais c’est surtout un éléphant en trompe-l’oeil…
– Vous voyez un éléphant dans ce dessin?!
– Oui, bien sûr! Dans un premier temps, je ne voyais d’ailleurs que lui sans réaliser que c’était aussi un arbre!
Re-silence de l’autre côté… puis bruits de voix, et enfin:
– Ma collègue me dit: oui, il y a bien un éléphant! Mais… je ne le vois pas…
– Vous êtes sérieux? Regardez au centre, la trompe entourée des défenses… et les branches sont les oreilles.
Au bout de quelques secondes, il s’exclame:
– Je le vois!
Nous avons encore parlé quelques instants de cette carte pleine de surprises, et, quand j’ai raccroché, je me suis interrogée: comment, dans de tels cas, un motif évident pour les uns peut être invisible pour d’autres?
Les mystères du cerveau…