Le coupe-herbe

Cette semaine, j’écrivais depuis plusieurs heures lorsque la quiétude de ce coin de vie de bord du lac a été déchirée par un bruit très marqué.
Le coupe-herbe était revenu.
Avec son bruit agressif et interminable…
Un peu comme le retour de Rambo.
Au bout de dix minutes, bien que compatissante pour les oreilles de celui qui est obligé de le passer dans les talus en bordure de pré, juste derrière chez moi, je me suis levée pour aller fermer la porte-fenêtre de la cuisine.

Le spectacle qui m’attendait m’a retenue dans mon élan.
Pomme s’était installée sur le balcon, et semblait passionnée par le spectacle qu’elle contemplait.
Confortablement assise, la tête passée entre deux barreaux, elle suivait des yeux le paysagiste qui montait et descendait le long du talus, traquant l’herbette sans lui laisser la moindre chance de survie.
Pomme le regardait, très absorbée, sans paraître gênée par le bruit.
L’image m’a attendrie.
Je suis retournée dans mon bureau et ai continué à écrire en essayant de faire abstraction du bruit lancinant.

Plus d’une heure plus tard, Pomme est revenue vers moi en trottinant, son mouton dans la bouche.
Apparemment ravie de sa matinée, elle avait passé tout ce temps à regarder travailler son nouvel ami, ne rentrant que pour se désaltérer ou prendre un os qu’elle avait rongé pendant le spectacle, comme d’autres ingurgitent des pop-corns au cinéma.
Elle venait de passer un excellent moment.

Martine Bernier

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