Pomme et le changement de look

Aujourd’hui, mon Capitaine doit s’absenter pour la journée et ne rentrera que ce soir.
De mon côté, ma journée est très chargée.
Mais avant de la commencer, je veux rafraîchir l’appartement.
Ce qui implique de revêtir mon uniforme de super héros: Tornadeblanche.
Pomme me suit.
Elle s’installe dans chaque pièce que j’investis, à quelques mètres de mes outils de travail, aspirateur et autres, et me contemple.
Assise en bouddha, elle est irrésistible, posant sur moi un regard posé, presque résigné.
Lorsque j’attaque le couloir, elle s’assied au sommet des escaliers, intéressée.
Sur le balcon où je retire les feuilles et les pétales qui jonchent le sol après le coup de vent d’hier soir, elle vient vérifier que je ne fais pas de bêtises.
Lorsque j’ai enfin terminé, je me dirige vers mon bureau et mon ordinateur.
Et là, je dois bien constater que, même avec la porte-fenêtre grande ouverte, il fait chaud, très chaud.
Et mes cheveux, que je porte longs, n’arrangent pas les choses.
Une seconde de réflexion…
Je suis seule pour la matinée, n’ayant un rendez-vous que dans l’après-midi.
En principe, je n’attends personne… je peux donc adopter la coiffure que je ne m’autorise que dans la stricte intimité, lorsque je suis en tête-à-tête avec moi-même et que la température est élevée.
Je plonge la main dans l’un de mes tiroirs et en sors un chouchou ridicule… mais bien utile pour ce que je compte en faire.
Et hop, en un geste, je ramène ma crinière au sommet du crâne.
Je n’ai pas le temps de me remettre à mon clavier que Pomme est là, près de moi.
Inquiète, elle est debout sur ses pattes arrières, prend appui sur moi, me dévisage et semble douter de mon état mental.
Bon, je sais que je ressemble provisoirement à un ananas, mais quand même!
J’éprouve le besoin de me justifier face à mon Mogwaï inquisiteur:

– Je ne suis pas folle: j’ai seulement chaud!

Elle me regarde encore et encore… et finit par me lécher le bout du nez.
Dans son regard, il y avait un message qui me disait à peu près ceci:
– Tu es complètement dingue, mais je t’aime quand même…

Martine Bernier

 

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