La Dame de Chiboz et les arbres

Quelle que soit la saison, dès que je vais au jardin, je le photographie sous toutes les coutures, moi qui n’avais jusqu’ici jamais été attirée par ce genre d’exercice.
Dans la semaine, j’envoie cette photo  de l’un des pommiers du jardin à  la Dame de Chiboz, en lui disant que ce qui peut paraître banal pour les uns est pour moi toujours un miracle…
Elle partageait mon avis et m’a signalé qu’elle avait beaucoup de mal à reconnaître les arbres, au grand désespoir de son connaisseur de mari qui, selon elle, a préféré abandonner son instruction.
Mais elle a tenté et m’a écrit:
– Je me lance… magnolia?
– Oh non… c’est un pommier!
Sa réponse m’a beaucoup amusée:
– Siou plaît… pas dire à Michel… Tu n’aurais pas des questions sur les Romains? Je suis imbattable! Mais sur les arbres… Bon. Ca peut ressembler à un magnolia, hein dit?

Je riais toute seule.
Un peu plus tard, elle revient après avoir montré la photo à son mari qui, en une seconde, a évidemment reconnu le pommier.
Vu le faible taux de réussite obtenu auprès de sa Tendre Moitié en connaissance des arbres, il a ajouté  « cette fois, je démissionne ».

La Dame de Chiboz a courageusement défendu sa cause: il y a trop d’arbres pour pouvoir les reconnaître tous, et, après tout, elle n’est pas forestière mais infirmière… 
Leur conversation a fini dans les rires.
J’ajouterais à ses talents celui d’historienne, domaine où, effectivement, elle est imbattable!
Quant à notre pommier, il n’a absolument pas été vexé de ne pas avoir été reconnu.

Martine Péters

 

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