Kali est frustrée…
Sa vocation d’avion supersonique est contrariée par… moi, ce qu’elle n’apprécie que très modérément.
Environ 15 jours après son accident mystère qui l’a blessée à la patte alors qu’elle était sortie dans le jardin sans surveillance, la situation a évoluée.
Elle a sagement pris ses médicaments, a accepté d’être portée pour monter et descendre les escaliers durant quelques jours, a toléré ma garde rapprochée… ce qui a permis de la soulager.
Aujourd’hui, elle ne boite plus que très légèrement, de temps en temps.
Une seconde visite chez le vétérinaire et une radio nous a rassurés: elle n’a rien de grave, mais a sans doute abimé l’un de ses ligaments.
Je reste donc très attentive à la moindre défaillance de sa patte.
Mais un chien joyeux a des réactions d’enfant…
Kali a oublié très vite qu’elle était blessée et qu’elle devait se ménager.
Dès qu’elle en a l’occasion, elle file dans les escaliers qu’elle escalade ou dévale à toute vitesse pour me retrouver ou rejoindre mon Capitaine.
Un véritable yo-yo sur pattes…
Comme ce matin de cette semaine où, alors que je lui avais laissé des consignes précises pour qu’elle reste au rez-de-chaussée, je l’ai trouvée derrière moi à l’étage où j’étais montée faire du repassage.
En me retournant pour prendre un vêtement, j’ai réalisé qu’elle déambulait d’un air innocent dans la pièce, me jetant de temps un temps un petit coup d’oeil.
– Mais enfin, Kalinou!!! Tu ne dois pas monter les escaliers, tu le sais!! Tu vas encore te faire mal à la papatte!
Oui, je sais mon « langage chien » est sommaire, mais il faut utiliser des mots dont elle connait la signification.
Je ne leur ai pas encore appris les bases de la philosophie, ni à elle, ni à Babou…
Elle a fini par redescendre et a été reçue, un étage plus bas, par un discours à peu près similaire au mien, émanant cette fois de mon Capitaine.
Je lui ai demandé, puisqu’elle ne nous laissait pas le choix, de barrer l’accès à l’escalier.
Lorsque je suis redescendue, un peu plus tard, Kali était couchée devant l’escalier qu’elle regardait d’un oeil morne.
Elle était complètement déprimée!
Je l’ai cajolée, lui expliquant que surfer dans l’escalier n’est pas une carrière en soi…
Elle a semblé se faire une raison et m’a suivie dans le jardin en trottinant.
Je voudrais encore maintenir le blocus de l’escalier une semaine ou deux pour consolider la patte fragilisée.
Et je me demande si son moral tiendra jusque là!