Ce matin, je vais m’autoriser un petit billet d’humeur, tiens!
Depuis plusieurs semaines, impossible d’ouvrir un journal, d’allumer la télévision, d’écouter la radio ou de parcourir les réseaux sociaux sans tomber sur les mêmes déclarations alarmantes concernant la canicule.
Elles tournent en boucle…
Les températures grimpent, les records tombent, les cartes se colorent de rouge foncé et les titres rivalisent de formules spectaculaires du style “Journée historique”, “chaleur jamais vue”, “situation exceptionnelle”, “alerte maximale”…
Les informations sont réelles, les faits sont là, et personne ne songe à les contester.
Les épisodes de fortes chaleurs se multiplient et il serait irresponsable de les minimiser.
Pourtant, quelque chose me gêne de plus en plus dans la manière dont ces sujets sont traités.
Informer est une nécessité… faire peur n’en est pas une.
Depuis quelques années, l’information a changé.
Il ne suffit plus d’expliquer une situation, il faut la dramatiser, la mettre en scène et, surtout, la rabâcher continuellement.
Je comprends la volonté d’alerter: c’est l’essence même du métier de journaliste… mon métier.
Certaines personnes fragiles doivent être particulièrement vigilantes lors des épisodes de canicule, les conseils de prudence sont forcément nécessaires.
Mais à force de transformer chaque événement en source d’inquiétude permanente, un autre phénomène apparaît. Beaucoup de personnes finissent par se sentir découragées, anxieuses ou impuissantes.
Certaines n’osent plus profiter d’une belle journée d’été sans culpabilité.
D’autres développent une inquiétude constante face à l’avenir.
Or… vivre dans un état de tension permanent n’aide personne.
Cela ne fait pas baisser les températures, pas plus que cela ne protège la planète ou que cela améliore la capacité d’agir.
Au contraire, l’accumulation de messages anxiogènes finit parfois par provoquer l’effet inverse: quand tout devient urgence absolue, tout devient bruit inaudible.
Lorsque chaque journée est présentée comme exceptionnelle, le mot lui-même perd de sa force.
J’aimerais retrouver un traitement de l’information plus équilibré.
Un traitement qui dise clairement les choses, qui n’édulcore pas la réalité, mais qui laisse également une place à la mesure, à l’explication et à la réflexion.
Je souhaite que la ligne de conduite soit d’informer honnêtement, mais sans terroriser, de prévenir sans angoisser à outrance, d’expliquer sans jouer sur les peurs… et de mettre en avant les travaux de ceux qui consacrent leur vie à trouver des solutions que nous ferions bien d’appliquer.
Je parlerai d’un livre à ce sujet très bientôt… un livre que chacun de nous devrait lire.
Le monde n’a jamais eu autant besoin d’une information fiable, rigoureuse et honnête.
Mais une information qui éclaire, qui aide à comprendre, au lieu d’écraser et, surtout, qui ne pousse pas le public à vivre dans une terreur permanente.
Je préfère pour ma part que l’on me parle des choses à faire pour améliorer la situation plutôt que de celles à subir.
4 réflexions sur “La construction d’un pic de stress”
moi c’est simple je ne regarde plus les informations ! je prends le jour venu et je le vis. Et avec un peu de bon sens je les vis très bien….,
C’est une façon plutôt sage de voir les choses!
Très juste.
Que des mauvaises nouvelles qui engendrent du stress
… ce qui me donne de plus en plus envie de trouver des nouvelles plus réjouissantes! Belle journée à vous!