Uu magazine surgit du passé

Il suffit parfois pour certains d’ouvrir une vieille malle pour remonter le temps.
Dans mon cas, la malle… c’est une pile de vieux magazines que mon Capitaine a rapportée il y a quelques jours.
Certains datent de 1948.
Leur nom, aujourd’hui presque oublié, est Claudine.
Je les ai feuilletés comme on découvre une capsule temporelle soigneusement refermée il y a près de quatre-vingts ans.
A l’intérieur, je me suis plongée dans l’univers des chapeaux à voilette, des silhouettes raffinées, des robes aux lignes impeccables qui racontent une époque où la mode se dessinait bien plus qu’elle ne se photographiait.
Le voyage se poursuit à la lecture des articles.
On y trouve des recettes de cuisine, des idées de vacances, des romans publiés en feuilleton…
Et puis il y a ma rubrique préférée… celle qui contient des conseils conjugaux qui donne une image assez piquante de la société d’hier.
Un titre m’a notamment interpellée: Mon mari d’hiver sera mon mari d’été.
Le sous-titre précise avec un sérieux pince-sans-rire désarmant.
« Il lui suffira de lire les quelques conseils que lui donne Claudine, et il VOUS suffira de veiller à ce qu’IL les suive. »
Suit une série d’exercices de gymnastique destinés à faire disparaître le petit ventre de Monsieur.
J’imagine les lectrices de l’époque, amusées ou appliquées, surveillant les efforts de leur Moitié… ou étant envoyées sur les roses par un mari pestant contre les conseils de la presse féminine!
Ces pages font sourire, mais elles racontent aussi la société française de l’après-guerre.
La femme y est souvent présentée comme la gardienne du foyer, celle qui veille au bien-être de son mari, à l’éducation des enfants, à l’élégance de la maison comme à la sienne.
Mais derrière cette vision très traditionnelle, Claudine cherchait également à distraire, informer et accompagner ses lectrices dans leur quotidien… comme c’est toujours le cas aujourd’hui.
Cette pile de vieux magazines est un trésor.
Lancé en mai 1945, Claudine appartient à cette nouvelle génération de magazines féminins qui sont apparaissus après la Libération.
Il se veut plus moderne que les publications d’avant-guerre tout en restant profondément ancré dans les valeurs de son époque.
Son succès a été suffisamment important pour attirer l’attention du groupe de Elle, quia racheté le titre en 1948. Pendant quelques mois, les deux publications paraissent même sous le nom Elle-Claudine, avant que Claudine ne disparaisse définitivement au profit de Elle.
En refermant ces vieux numéros, on réalise qu’ils sont bien davantage que de simples magazines de mode, mais Des témoins d’une époque, de ses rêves, de ses contradictions et de son élégance.
On y découvre, pour le cas où ne nous l’aurions pas compris, que notre regard sur la place des femmes, le couple ou la vie quotidienne a beaucoup évolué.
J’adore découvrir ce précieux instantané de la France d’hier…

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