Je vous ai parlé récemment de la situation compliquée que je vis avec Kali qui voue un amour démesuré à un seul jouet pour chien, au détriment de tous les autres.
Il s’agit d’un petit éléphant en caoutchouc, Fanfan, qu’elle aime tellement qu’à force d’amour, elle le détruit en quelques jours.
À ce rythme-là, je devrais songer à acheter des actions chez le fabricant.
J’aurais au moins un petit retour sur investissement…
D’autant que, comme je l’ai expliqué, Fanfan ne s’achète pas sà la pièce.
Il fait partie d’un assortiment de plusieurs animaux et, lorsque je commande un lot, impossible de savoir lesquels je vais recevoir.
Autant dire que la quête du Fanfan commence à devenir une affaire délicate.
Avant Fanfan, il y avait eu Potame.
Potame était un hippopotame bleu que Kali avait adoré pendant des mois, jusqu’à ce qu’il ne reste de lui qu’un pauvre morceau de caoutchouc déchiré dont il avait bien fallu se séparer.
J’avais fini par retrouver exactement le même hippopotame, mais rouge.
Kali avait semblé contente de le revoir.
Pas longtemps…
Potame rouge n’avait manifestement pas le charme de Potame bleu et il avait rapidement rejoint les jouets délaissés. En revanche, dans le même lot se trouvait Fanfan.
Coup de foudre immédiat.
Lundi soir, alors que j’attends le colis de jouets, je me suis donc posé une question: qu’avait Fanfan que les autres n’avaient pas?
Et qu’avait eu Potame bleu que sa version rouge n’avait plus?
Et… crois que j’ai trouvé.
Le point commun entre Fanfan et l’ancien Potame n’est ni leur forme, ni leur couleur.
C’est leur matière.
Tous les deux sont fabriqués dans un caoutchouc beaucoup plus tendre que celui des autres jouets.
Moi qui pensais que Kali aimait un éléphant, je faisais fausse route.
Elle aime surtout une certaine sensation sous les dents.
Restait à vérifier ma théorie.
En regardant dans la réserve des jouets délaissés que je destinais aux animaux de la SPA, j’ai découvert un rhinocéros fabriqué dans ce même caoutchouc souple.
Je l’ai présenté à Kali: « Regarde, c’est Riri! » et je le lui ai lancé.
Elle l’a attrapé et, dès qu’elle l’a eu dans la gueule, j’ai su.
Riri venait d’entrer dans le cercle très fermé des jouets dignes d’intérêt.
Elle a joué pendant un temps fou avec une joie délirante.
Mais au bout d’un moment, elle a semblé ne plus savoir où elle l’avait laissé.
Je l’ai regardée et lui ai simplement dit « Va chercher Riri… »
Elle est partie et elle est revenue avec le rhinocéros.
Quelques heures avaient suffi pour qu’elle associe ce nom, qu’elle n’avait jamais entendu auparavant, à ce jouet précis.
Me voilà donc rassurée sur deux points.
D’abord, dans les prochains lots que je commanderai, je n’aurai plus une seule chance de tomber sur le bon jouet, mais deux.
Fanfan ou Riri feront l’affaire.
Ensuite, cette petite histoire m’a une fois de plus prouvé que nos chiens comprennent énormément de choses.
Ils apprennent nos mots, observent nos gestes, retiennent des associations et trouvent leurs propres moyens de nous répondre.
Encore faut-il leur en donner l’occasion.
J’aimerais parfois dire aux personnes qui pensent que leur chien ne comprend rien de prendre simplement le temps de lui parler et, surtout, de regarder ce qu’il fait en retour.
Elles risquent d’être surprises.