Ma nouvelle recrue: l’azalée

Durant les mois d’automne et d’hiver, il y a toujours un moment où mon moral se fragilise.
A force de regarder les arbres se dépouiller et le jardin s’endormir, je finis par éprouver un besoin presque irrépressible de couleurs et… de fleurs!
Je rêve d’une plante bien vivante d’intérieur, avec ses feuilles, ses boutons, ses promesses de floraison, qui apporte un petit air de printemps au beau milieu de la pseudo « mauvaise » saison.
Jusqu’ici, je n’avais pas trouvé mon bonheur.
Les couleurs des hellébores sont un peu trop ternes… et celles du jardin fleurissent assez tard. Leurs couleurs sont trop ternes à mon goût.
Quant aux poinsettias de Noël, aussi beaux soient-ils, ils ne tiennent jamais bien longtemps chez moi.
Je m’étais donc résignée à attendre les premières jacinthes pour retrouver un peu de couleur et de gaieté dans la maison… à peu près vers le moment où fleurissent les camélias.
Et puis… petit miracle!
Dernièrement, alors que nous nous promenions dans une jardinerie avec mon Capitaine, je suis tombée en arrêt devant une azalée d’intérieur.
Une merveille… une profusion de grandes fleurs aux pétales délicatement froissés, d’un rose très pâle, presque blanc par endroits, soulignés de petites touches de rose plus soutenu.
Certaines étaient largement ouvertes, d’autres commençaient à peine à se déployer, tandis que de nombreux boutons laissaient présager une floraison généreuse.
Le tout au-dessus d’un feuillage sombre, dense et brillant, qui faisait ressortir davantage encore la délicatesse des fleurs.
Autant vous dire qu’il n’a pas fallu longtemps pour que cette beauté rejoigne notre panier…
En rentrant, j’ai voulu en savoir davantage sur ma nouvelle pensionnaire.
J’ai découvert qu’il s’agissait d’une  Rhododendron simsii,, plus communément appelée azalée des fleuristes. Contrairement aux azalées japonaises que l’on rencontre dans les jardins, celle-ci est cultivée pour fleurir à l’intérieur, particulièrement durant les mois où les fleurs se font rares dehors. Elle appartient à la grande famille des Éricacées, celle des bruyères, des myrtilliers et des rhododendrons.
Ses origines se situent en Asie orientale, notamment en Chine, et les variétés que nous trouvons aujourd’hui chez les fleuristes sont le fruit de nombreuses sélections horticoles.
J’ai aussi appris que la Belgique, et particulièrement la région de Gand, possède une longue tradition de culture des azalées.
La mienne vient justement d’une entreprise horticole belge.
Une voyageuse, donc, qui a traversé quelques frontières avant de venir égayer mon quotidien!
Mais voilà, cette demoiselle a ses exigences: elle aime la lumière, mais pas les rayons directs du soleil, elle apprécie la fraîcheur, mais redoute le gel et, surtout, elle déteste avoir soif.
Son terreau doit rester légèrement humide, sans que ses racines baignent continuellement dans l’eau.
Son producteur recommande même de plonger le pot dans l’eau pendant deux minutes, deux fois par semaine, avant de le laisser égoutter.
Il faudra donc que je surveille attentivement ses besoins, d’autant que, lorsqu’elle n’est pas tempérée, notre véranda, où je l’ai installée, connaît parfois des températures basses en hiver, surtout la nuit.
Or cette plante se plaît dans une atmosphère allant de 12 à 15 degrés.
Il va falloir surveiller…
Autre découverte réjouissante, contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette azalée n’est pas destinée à disparaître une fois ses fleurs fanées.
C’est un véritable petit arbuste qui peut vivre plusieurs années et refleurir, pour peu qu’on lui accorde les soins nécessaires.
Pour l’instant, la mienne est encore dans toute sa splendeur.
Le pouvoir que peuvent exercer quelques fleurs sur notre humeur est fascinant.
Elles ne rallongent pas les journées, ne font pas revenir le soleil et n’empêchent pas l’hiver de s’installer… mais elles changent quelque chose dans ma manière de le traverser.
Je sais qu’il ne sera probablement pas simple de donner à ma nouvelle recrue ce dont elle a besoin.
J’espère arriver à le faire: elle est un petit morceau de printemps à garder près de moi pendant que le jardin sommeille…

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