Cette période de l’année que j’attends toujours avec la même impatience est arrivée… depuis quelques jours, les roses sont revenues.
C’est un moment tellement fabuleux que personne n’y est insensible…
Le travail de titan réalisé par mon Capitaine, maître d’oeuvre de ce jardin de conte a payé…
Grâce à lui, ce décor enchanté composé de roses magnifiques, ces parfums multiples qui vous saisissent lorsque vous quittez la véranda… tout dépasse les rêves les plus ambitieux que j’avais en arrivant ici, lorsque j’ai commencé à acquérir des rosiers odorants dans le but de créer une roseraie particulière.
Aujourd’hui, les rosiers grimpants couverts de fleurs se rejoignent sur les arches centrales, leurs cousins de hauteur plus modestes sont d’une générosité identique, et la sélection naturelle a écourté la vie des plants les plus fragiles, sans doute peu adapté au climat ou au terroir local.
Comme chaque printemps, je suis totalement sous le charme des parfums incroyables qui flottent dans l’air.
Certaines roses sentent le miel, d’autres les agrumes, le thé, les fruits rouges ou quelque chose d’impossible à définir.
J’ai adore la phrase de Roxane qui, alors qu’elle humait le parfum de l’une des roses les plus odorantes m’a dit: « Oh… elle sent tellement… la rose! »
Oui…
L’odorat reste celui de mes sens qui fonctionne le mieux.
Ouf!
Comme toujours, je suis frappée de voir à quel point une odeur possède un pouvoir étrange sur la mémoire.
Et comme chaque année, la même question me revient.
Il existe des enregistreurs de sons, des appareils capables de capturer des images avec une précision extraordinaire. Mais pourquoi n’existe-t-il pas vraiment d’enregistreur d’odeurs?
Pourquoi ne peut-on pas conserver le parfum exact d’un jardin au mois de mai, l’odeur d’une rose ancienne après la pluie ou celle d’un rosier grimpant chauffé par le soleil du soir?
La science travaille pourtant depuis longtemps sur le sujet.
Des chercheurs tentent d’analyser les molécules odorantes afin de les reproduire artificiellement.
Certains laboratoires parlent même de bibliothèques d’odeurs capables, un jour peut-être, de transmettre un parfum à distance comme une photographie ou un fichier audio.
Pourtant, malgré tous les progrès technologiques, le parfum d’une rose reste toujours quelque chose d’éphémère, de fragile, presque impossible à retenir.
Donc… il ne nous reste que la solution de profiter du moment!
Je me dis souvent: comment ne pas être infiniment reconnaissante à ce grand homme épatant qui, discrètement, en assumant tout le gros du travail, a transformé ce rêve en réalité?





