Le fils d’Einstein…

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Lorsque l’on pense à Albert Einstein, nous avons tous en tête le génie qu’il a été.
Ce que nous savons moins, c’est qu’il a eu trois enfants avec sa femme Mileva dont il a divorcé.
Ces trois enfants, il n’en parlait jamais et ne s’en est pas vraiment occupé.
Deux d’entre eux étaient atteints de maladies mentales graves, selon Michele Zacheim.
De Lieserl, l’aînée, on ne sait à peu près rien si ce n’est qu’elle est née en 1902 et décédée en 1903.
Elle serait née handicapée et serait décédée de la scarlatine.

Le deuxième enfant, Hans-Albert Einstein (1904 – 1973), était professeur d’ingénierie hydraulique à l’université de Californie.
Il est le seul à avoir été épargné par la maladie, mais a souvent dit combien ses rapports avec son père ont été difficiles.

J’ai terminé hier le roman que Laurent Seksik a consacré à Eduard Einstein: « Le cas Eduard Einstein ».
Eduard (1910 – 1965) est né et a passé pratiquement toute sa vie en Suisse, à Zurich.521c38b435706c46e2396f96
Enfant doué, fragile  et sensible, il a beaucoup souffert de la séparation de ses parents lorsqu’il avait 4 ans.
Brillant, il était très bon élève, musicien et poète, avait lu les oeuvres complètes de Kant, Schopenhauer, Platon, avait dévoré celles de Shakespeare à 6 ans.
Il envisageait de faire une carrière dans la psychanalyse lorsqu’il a présenté, à l’âge 20 ans, les premiers signes de la schizophrénie.
Son parcours est alors devenu extrêmement difficile, nécessitant de fréquents internements.
En 1933, son père lui rendra visite pour la dernière fois avant de couper tout contact avec lui.
Albert Einstein avait beau être un esprit exceptionnel, il était totalement démuni devant la maladie de son fils.
Il reconnaitra  l’origine probablement génétique de celle-ci, mais gardera comme un douloureux secret l’histoire de son garçon, comme il l’a fait pour l’existence de sa fille.
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En s’inspirant de cette histoire tragique, le docteur Laurent Seksik a conçu ce roman basé sur la réalité, mais dans lequel il fait parler Eduard et Mileva.
Sa démarche est passionnante, sensible, extrêmement empathique et respectueuse.
Il avait déjà par le passé écrit une biographie d’Einstein et avait découvert l’existence et l’histoire d’Eduard.
Eduard, qui avait lui aussi toutes les  caractéristiques du génie, est mort abandonné de tous.
Son père, qui craignait tellement la maladie de son fils, disait de lui: « Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution. »

Martine Bernier

« Le cas Eduard  Einstein », Laurent Seksik, disponible, entre autres chez France Loisirs.

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