Bichon havanais: Pomme prisonnière

Samedi matin, très tôt.
Je glisse ma main vers mon téléphone portable pour regarder l’heure alors que la chambre est plongée dans l’obscurité, .
A la seconde où Pomme m’entend bouger, elle bondit sur ses pattes.
Il est à peine 6 heures.
– Chut! Ce n’est pas l’heure, Pomme. Va dans ton panier.

Depuis que les jours se rallongent, mon Mogwaï est prêt à attaquer sa journée à la moindre lueur qu’elle voit filtrer sous la porte.
Comme ce samedi.
Impossible pour elle de se rendormir.
Je l’entends marcher de long en large dans la chambre.
– Pomme! Non! Panier!

Plus de bruit.
Mais elle a réussi à me réveiller complètement.
Je glisse à nouveau la main vers mon portable, je l’allume pour contrôler que Pomme est bien retournée dans son panier et là…
A moins de trente centimètres de moi se trouvent… une truffe et deux yeux brillants en forme de billes, partiellement recouverts d’un rideau de poils.
Elle a évité de faire du bruit, soit, mais elle s’est postée à quelques centimètres de mon lit, debout, sans doute pour m’inciter télépathiquement à la rejoindre.
Son regard traduit un nombre incalculable de messages:
– Bon, alors, tu te lèves? Tu m’avais dit que tu travaillais ce matin! Tu as vu l’heure! Il fait jour dehors! Debout, fainéante!

Pomme n’a pas la moindre notion de ce qu’est le week-end et des droits qu’il est censé octroyer.
Je me lève en ronchonnant et file à la salle de bain.
Oui, c’est vrai, j’avais prévu de travailler un peu ce samedi matin.
Mais pas à cette heure-là!

***

Samedi soir, très tard.
Avant d’éteindre pour la nuit, je sermonne mon bichon blotti dans son panier et recouvert de sa couverture, bordé par mon Capitaine:
– Bon: demain, c’est dimanche, je ne veux pas que tu fasses le clown à six heures! D’accord?
Angélique, elle ferme les yeux en guise de réponse…

Dans la nuit, je me lève.
Je l’entends faire un peu de bruit, l’éclaire avec mon portable et la vois étendue à côté du panier.
Lorsque je reviens dans la chambre, elle n’a pas changé de position.
Ce n’est pas inquiétant: quand elle a trop chaud, elle aime s’étendre sur le sol.
Je la gratifie  d’une caresse, me recouche et me rendors.
A 7 heures moins des poussières, ce dimanche matin, je me relève, reviens… et la retrouve exactement au même endroit, couchée  à côté de son panier.
D’habitude, elle se lève et fait un tour d’inspection dans la maison dès que j’ouvre la porte.
Là… rien.
Quelque chose n’est pas normal.
Je la caresse: elle ne bouge pas ou presque.
Seuls ses yeux me suivent.
Inquiète, je m’assieds sur le bord du lit et l’invite à me rejoindre.
Elle tente de se lever… et tombe.
Cette fois, je suis inquiète… se serait-elle blessée dans la nuit??
Je m’approche, me penche vers elle et examine doucement la patte arrière qui semble poser problème.
Et là… je réalise que l’un de ses ongles s’est fermement accroché à un fil de sa couverture.
Mon pauvre Mogwaï s’est transformé en Joe Dalton, à ceci près qu’il n’est pas attaché à un boulet, mais à une couverture de panier!
Et elle ne m’a pas appelée…
Pomme n’est pas un chien qui geint à la moindre douleur.
Elle est courageuse, et je me sens d’autant plus coupable de ne pas avoir compris plus tôt qu’elle était dans une position délicate…
Un aller-retour dans mon bureau et je reviens avec une paire de ciseaux.
En une fraction de seconde, elle est débarrassée du « fil à la patte ».
Courbaturée, elle se recouche dans son panier… apparemment épuisée par une nuit difficile.
De mon côté, j’examine à nouveau sa patte et retire le dernier morceau de fil, minuscule, qui est resté accroché à son ongle.
Lorsque je l’ai retiré, elle tend le cou pour le voir.
Je le pose sur le bord du panier pour qu’elle puisse le regarder et là… elle renifle le coupable… et le gobe!
Voilà! Non, mais, sans blague!
La sanction a été à la hauteur de la faute!

Martine Bernier

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