La toise…

A chaque fois qu’Aurélien vient passer le week-end chez nous avec son papa, je trouve qu’il a grandi.
Mais comme nous ne le mesurons pas, mon observation reste lettre morte!
A son dernier passage, donc, je lui ai proposé de commencer à noter l’évolution de sa taille depuis ce mois de mai.
Il s’est prêté au jeu avec grâce, sachant que nous pourrons constater les progrès de sa croissance sur le mur de mon bureau…
Vérifiant le premier trait placé sur le rare petit pan de mur qui n’est pas recouvert de bibliothèques, il a remarqué qu’il se trouvait à environ un ou deux centimètres en dessous de l’interrupteur.
Nous regardions la marque, songeurs, et nous avons devisé:
– La fois prochaine, tu atteindras peut-être l’interrupteur…
– Tu crois?
– Même si tu restes encore un peu en dessous pour le moment, ce n’est pas important du tout: les « poussées de croissance » viennent souvent d’un coup, à l’adolescence. Tu as largement le temps!
– J’aimerais bien, parce que plusieurs de mes copains sont plus grands que moi.
– Nous ne grandissons pas au même rythme et nous ne faisons pas tous la même taille à l’arrivée! Et puis, tu connais la phrase qui dit que beaucoup de grands hommes étaient plutôt petits par la taille.
– Comment est-ce qu’ils pouvaient être grands puisqu’ils étaient petits?!
– Parce qu’ils ont fait de grandes choses, qu’ils étaient souvent très intelligents ou très doués dans leur domaine. Des hommes et des femmes politiques, des sportifs, des acteurs, des humoristes…
Il m’a adressé un large sourire avec ces mots:
– Alors ça va. Mais moi, je voudrais bien être grand.
– Tu aimerais être grand comment?
Je m’attendais à ce qu’il me donne un chiffre, mais il a dit:
– Comme Papyno.

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